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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 10:24

Ci-après le courrier adressé , le 18 Novembre, à François Fillon par les 7 parlementaires Front de Gauche de la région.

 

 

Monsieur le Premier ministre,

 

La politique mise en œuvre par le gouvernement depuis quatre ans et demi, jour pour jour, s’est traduite par : le renforcement de l’ensemble des difficultés de nos concitoyens ; la liquidation progressive des services publics et du modèle social français ; l’étranglement financier des collectivités locales (communes, départements, région) placées dans une dépendance budgétaire accrue vis-à vis de l’Etat ; l’assujettissement étroit de ce dernier aux exigences des milieux d’affaires et boursiers.

Avec les plans successifs de rigueur que votre majorité vient d’adopter en trois mois, la France est plus que jamais au bord de la récession sous l’effet d’une croissance en berne. Et la crise nourrie directement par tous ces choix ne cesse en retour, d’en accélérer les conséquences.

A l’échelle de notre Région Nord-Pas-de-Calais, il suffit de peu de chiffres pour témoigner des reculs et des gâchis opérés. Peu de chiffres mais ils sont accablants !

Avant d’en donner plusieurs exemples, nous voulons cependant vous dire que nous partageons la colère des victimes de l’amiante qu’une décision du 27 octobre de la Cour d’Appel de Douai suite à une démarche du Fiva, condamne à rembourser des indemnités légitimement perçues. Nous demandons que le gouvernement prenne l’initiative d’une loi pour mettre un terme à cette indignité.

Et par ailleurs, nous nous associons à l’attente de la corporation minière d’ouverture de négociations pour garantir une vraie gratuité des soins et l’emploi des personnels du régime minier.

Le dossier amiante et celui du régime minier conjuguent l’un et l’autre, l’exigence de justice sociale et de dignité portée par la population du Nord-Pas-de-Calais. Ils sont à ce titre, exemplaires de la détermination de nos concitoyens mais aussi de la dégradation des conditions et moyens de vie de l’immense majorité des habitants.

Les chiffres, ce sont d’abord ceux du logement, au moment où le gouvernement renforce son désengagement de la construction sociale au sein du Budget 2012. On recense 131 000 demandes de logement en attente dans le Nord-Pas-de-Calais.

Ceux de la santé ensuite, avec un déficit de nos hôpitaux régionaux estimé à 20 millions d’euros. Réduit à grand renfort d’austérité, ce déficit pèse sur les conditions de travail des personnels, les conditions d’accueil et de soins des usagers, l’amélioration des moyens des établissements.

Une étude de l’Observatoire régional de la santé place le Nord-Pas-de-Calais généralement en fin de classement des comparatifs sanitaires inter-régionaux, et Lille « loin derrière Toulouse, Lyon, Bordeaux ou encore Strasbourg pour ce qui concerne l’offre de soins ». Cela légitime la demande « de moyens supplémentaires pour les régions défavorisées » rappelée à propos de la surmortalité régionale liée aux cancers.

La situation scolaire suscite les même alarmes quand on évalue à 10 000 le nombre de jeunes qui, chaque année dans notre Région, quittent l’école sans qualification. Nous revendiquons le rétablissement de l’ensemble des milliers de postes supprimés en cinq ans, indispensables à l’objectif de réussite scolaire pour tous.

Le rejet récent du dossier de candidature lillois aux financements nationaux pour l’enseignement supérieur et la recherche ajoute une dimension supplémentaire à ces enjeux éducatifs. Nous proposons que soit réexaminée la question des moyens d’Etat qu’appelle l’essor de l’université et de la recherche en région.

Que dire enfin des chiffres du chômage ? Nos deux départements comptent 372 000 demandeurs d’emploi. Plus de 63 500 jeunes de moins de 25 ans sont sans travail. Le chômage de longue durée explose et le taux de chômage régional est supérieur de 3,5 points au taux national.

Tous nos bassins d’emploi sans exception, sont frappés par un chômage de masse désormais présent dans la vie quotidienne d’au moins un million d’habitants (hommes, femmes et enfants) du Nord-Pas-de-Calais : un habitant sur quatre de notre Région !

Dans un tel contexte, l’appauvrissement de la société française prend dans nos territoires une dimension supérieure. Le Nord-Pas-de-Calais s’il représente 6% de la population recense 10,7% des attributaires du RSA et 7,5% des attributaires de l’allocation adulte handicapé. Mais, et c’est un contraste insupportable, il comptabilise aussi 17 des 200 plus grandes fortunes de France (8,5% par conséquent).

Nous sommes fermement convaincus qu’il n’y a pas de fatalité à ces dégradations et que les moyens existent aux plans européen, national et régional de faire autrement.

C’est pourquoi nous vous demandons de nous recevoir pour vous soumettre des propositions et des attentes prenant appui sur les atouts de nos départements.

Au nombre de ces atouts, la jeunesse de notre population; notre position stratégique au cœur de l’Europe du Nord ; notre littoral et des ports ouverts aux activités essentielles que sont la pêche et sa transformation, le fret et le transport voyageurs ; nos établissements d’enseignement supérieur, laboratoires et centres de recherche ;  les savoir-faire des salariés et cadres de nos entreprises…

Nous demandons d’abord que l’Etat assume sa responsabilité vis-à-vis de nos collectivités locales et restitue le milliard et demi d’euros qu’il doit aux habitants du Nord Pas de Calais.

Pour l’emploi, l’industrie, socle de notre économie, doit figurer au cœur du redressement de notre région.

Cela concerne le ferroviaire pour lequel une commission parlementaire a établi 25 mesures favorisant un développement en filière pour associer groupes constructeurs et PME sous-traitantes dans la conquête de marchés. Où en est le gouvernement dans la mise en œuvre des dispositifs adoptés à l’unanimité des parlementaires de cette commission ?

Cela concerne aussi l’automobile qui souffre aujourd’hui de l’annonce de la fin du partenariat Fiat-PSA à Sevelnord (Hordain) : 2 000 emplois supprimés en trois ans et la crainte de voir disparaître les 2 500 emplois restants. Les conséquences seraient considérables sur les 10 000 emplois des sous-traitants et équipementiers en dépendant, à l’exemple du groupe Faurécia où des restructurations sont en cours, et sur toute la filière automobile. En intervenant auprès des groupes constructeurs, l’Etat doit engager tout son poids pour la mise en œuvre de solutions industrielles et pour des investissements productifs.

 

 

  

                                   Alain BOCQUET                Jean-Jacques CANDELIER            Marc DOLEZ

                                   Député du Nord                Député du Nord                             Député du Nord

 

 

                                   Michèle DEMESSINE         Eric BOCQUET                              Dominique WATRIN

                                   Sénatrice du Nord              Sénateur du Nord                          Sénateur du Pas-de-Calais

 

 

                                   Jacky HENIN

                                   Député Européen

 

 

                                  _________________

 

 

 

 

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